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Décaisser son REER : quand commencer et comment bien planifier ses retraits

Photo du rédacteur: Laurence Laverdière
Laurence Laverdière
11 sept.
9 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Vous avez travaillé, épargné et cotisé à votre REER pendant des années.

Maintenant que la retraite approche, une question devient incontournable : quand devriez-vous commencer à retirer votre argent?


À première vue, la réponse semble simple : attendre le plus longtemps possible.

Après tout, pourquoi retirer de l'argent d'un REER tant que vous n'en avez pas besoin?


Pourtant, en planification de retraite, attendre n'est pas toujours la meilleure stratégie. Dans certaines situations, commencer à décaisser progressivement un REER avant 71 ans peut permettre de mieux répartir son revenu imposable, de profiter de certaines années où le revenu est plus faible et de réduire les sommes qui devront éventuellement être retirées d'un FERR.



Alors, quand commencer à décaisser son REER?

La réponse dépend de votre situation financière, de vos autres revenus et de vos objectifs de retraite. Voici les principaux éléments à considérer.


Faut-il attendre 71 ans pour retirer son REER?

Non.


Il est possible de retirer de l'argent de son REER avant 71 ans. Toutefois, un retrait est généralement considéré comme un revenu imposable pour l'année où il est effectué.


À l'inverse, vous pouvez aussi laisser votre REER continuer à fructifier et reporter les retraits.


Mais attention : 71 ans n'est pas nécessairement l'âge idéal pour commencer à réfléchir au décaissement. C'est surtout une date limite importante.


Votre REER doit généralement arriver à échéance avant la fin de l'année où vous atteignez 71 ans. Vous devrez alors notamment choisir entre retirer les fonds, les transférer dans un FERR ou utiliser les sommes pour acheter une rente admissible.


C'est pourquoi une bonne planification peut commencer plusieurs années avant.


Pourquoi commencer à décaisser son REER avant 71 ans?

Imaginez deux personnes qui ont chacune accumulé 500 000 $ dans leur REER.

La première attend 71 ans avant de commencer à retirer de l'argent.


La seconde commence à faire des retraits graduellement à partir de 62 ou 65 ans, alors que ses revenus sont relativement faibles.


Elles pourraient avoir des résultats très différents sur le plan fiscal.

Pourquoi?


Parce que le REER n'est pas un compte dans lequel l'argent peut être retiré sans conséquence fiscale. Les sommes retirées s'ajoutent généralement au revenu de l'année.


Un retrait important au mauvais moment pourrait donc vous faire grimper dans une tranche d'imposition plus élevée ou avoir des répercussions sur certaines prestations et certains crédits.


À l'inverse, des retraits planifiés sur plusieurs années peuvent parfois permettre de mieux répartir le revenu imposable.


L'objectif n'est donc pas nécessairement de retirer le REER le plus rapidement possible.



L'objectif est de retirer les sommes au bon moment.

Retirer son REER à 60, 65 ou 70 ans : est-ce mieux?


Il n'existe pas d'âge universellement meilleur.

Le bon moment dépend notamment de vos revenus à chaque étape de la retraite.

Prenons un exemple simplifié.


À 60 ans

Vous travaillez encore et gagnez 80 000 $ par année.

Un retrait important de votre REER pourrait s'ajouter à ce revenu et être imposé à un taux relativement élevé.


À 65 ans

Vous cessez de travailler et vos revenus diminuent.

Vous recevez peut-être des prestations gouvernementales, une pension d'employeur et certains revenus de placement, mais votre revenu annuel demeure inférieur à celui de vos dernières années de travail.


Cette période pourrait être intéressante pour analyser un décaissement progressif.


À 70 ans

Vous avez peut-être déjà commencé à recevoir plusieurs sources de revenus de retraite.


Si votre REER est toujours important, il faut alors regarder attentivement ce qui arrivera lors de sa conversion en FERR.


Ce qui compte, ce n'est donc pas simplement votre âge. C'est le portrait global de vos revenus année après année.


Le piège : attendre trop longtemps

Il peut être rassurant de voir son REER continuer à fructifier.

Mais un REER important à 71 ans peut aussi devenir une source de revenu imposable importante pour les années suivantes.


Une fois le REER converti en FERR, des retraits minimums doivent généralement être effectués chaque année. Il est également possible de retirer davantage que le minimum.


Imaginez donc que vous avez :


  • 600 000 $ dans votre REER;

  • une pension d'employeur;

  • des prestations du RRQ;

  • éventuellement la pension de la Sécurité de la vieillesse;

  • et d'autres revenus de placement.


Votre revenu de retraite pourrait devenir beaucoup plus élevé que prévu.

C'est pourquoi une question importante à se poser plusieurs années avant 71 ans est :


« Combien devrai-je retirer de mon REER plus tard, et à quel taux d'imposition ces retraits seront-ils imposés? »


REER et FERR : quelle est la différence?

Le REER est principalement conçu pour accumuler de l'épargne-retraite.


Le FERR sert plutôt à transformer cette épargne en revenu de retraite.


Lorsque vous transférez directement un REER vers un FERR dans le respect des règles, le transfert lui-même n'est généralement pas imposable. L'impôt s'applique plutôt aux sommes que vous recevez ensuite du FERR.


Le FERR comporte toutefois une particularité importante : un montant minimum doit être retiré chaque année.


Cela signifie qu'une personne qui arrive à 71 ans avec un REER très important ne contrôle plus complètement le rythme auquel elle devra décaisser cet argent.

La planification du décaissement devrait donc idéalement commencer avant la conversion obligatoire.


Et si vous avez un CELI?

Le CELI peut également jouer un rôle important dans une stratégie de décaissement.


Contrairement au REER, les retraits d'un CELI ne sont généralement pas ajoutés au revenu imposable.


Cela peut offrir une certaine souplesse lorsqu'on planifie les revenus de retraite.


Par exemple, une stratégie pourrait consister à combiner différentes sources de revenus plutôt que de retirer systématiquement tout l'argent du même compte.


Mais encore une fois, il n'existe pas de règle universelle du type :

« Il faut toujours vider son REER avant son CELI. »

ou

« Il faut toujours conserver son REER le plus longtemps possible. »

L'ordre optimal dépend de votre situation.


Attention à l'impôt retenu sur un retrait REER

Un autre piège fréquent est de penser que la retenue d'impôt effectuée par l'institution financière représente nécessairement l'impôt réel que vous devrez payer.


Ce n'est pas toujours le cas.


Au Québec, les retenues à la source applicables aux retraits REER varient selon le montant retiré. Pour un retrait important, une retenue à la source est généralement effectuée par l'institution financière.


Mais une retenue à la source n'est pas nécessairement votre facture fiscale finale.


Le retrait doit être déclaré comme revenu et votre situation fiscale globale déterminera l'impôt réellement payable.


C'est une raison de plus pour éviter de décider d'un retrait important sans avoir d'abord fait les calculs.


Un exemple concret de planification

Prenons le cas de Sophie.



À 63 ans, Sophie prend sa retraite. Elle possède :


  • 450 000 $ dans son REER;

  • 75 000 $ dans son CELI;

  • une pension d'employeur;

  • des prestations gouvernementales à venir.


Elle pourrait simplement laisser son REER intact jusqu'à 71 ans.

Mais une autre possibilité serait d'analyser des retraits progressifs de son REER pendant les années où son revenu est plus faible.


L'objectif ne serait pas nécessairement de dépenser immédiatement cet argent.

Selon sa situation, elle pourrait notamment utiliser une partie du retrait pour ses dépenses courantes, investir ou conserver autrement les sommes nécessaires à ses projets.


L'important est de comparer les scénarios :


Que se passe-t-il si elle attend?

Que se passe-t-il si elle commence à décaisser progressivement?

Quel scénario lui laisse le plus de revenu disponible après impôt?


C'est précisément là qu'une projection de retraite devient utile.




Les erreurs à éviter quand on commence à décaisser son REER

Le décaissement d'un REER peut sembler simple : on retire de l'argent lorsque l'on en a besoin.


En réalité, une mauvaise décision prise quelques années avant ou après la retraite peut avoir des conséquences fiscales importantes.

Voici certaines des erreurs les plus fréquentes.


1. Attendre automatiquement 71 ans

Le fait que le REER puisse être conservé jusqu'à la fin de l'année de vos 71 ans ne signifie pas qu'il devrait nécessairement l'être.


71 ans est une échéance, pas une stratégie de décaissement.


Dans certaines situations, des retraits graduels avant cette date peuvent être avantageux.


2. Retirer une grosse somme sans faire les calculs

Vous avez besoin de 50 000 $? Il peut être tentant de simplement retirer 50 000 $ du REER.


Mais ce retrait s'ajoute généralement à vos autres revenus de l'année.

Selon votre situation, il pourrait augmenter votre revenu imposable de façon importante.


Avant un retrait substantiel, il vaut donc mieux regarder l'impact fiscal global, plutôt que seulement le montant dont vous avez besoin.


3. Se fier uniquement au taux de retenue d'impôt

La somme retenue par l'institution financière au moment du retrait n'est pas nécessairement l'impôt final que vous devrez payer.

Une retenue peut donc donner l'impression qu'un retrait est « suffisamment imposé », alors que votre déclaration de revenus pourrait raconter une autre histoire.


4. Oublier les prestations gouvernementales

Le revenu de retraite ne se limite pas aux retraits de REER et de FERR.

Il faut également considérer les différentes prestations gouvernementales, notamment le RRQ et la Sécurité de la vieillesse.

Une hausse de revenu peut avoir des conséquences sur certaines prestations ou certains crédits.


5. Penser à chaque compte séparément

« Mon REER vaut X $, mon CELI vaut Y $ et mon compte non enregistré vaut Z $. »

Ces chiffres sont importants, mais la stratégie ne devrait pas être construite compte par compte en isolation.


Il faut plutôt regarder comment tous les comptes peuvent fonctionner ensemble pour produire le revenu dont vous avez besoin.


6. Négliger son conjoint

Pour un couple, la stratégie de décaissement peut être très différente de celle d'une personne seule.


Les revenus des deux conjoints, leurs REER et FERR respectifs, leurs pensions et les possibilités de fractionnement admissibles doivent notamment être considérés.


Une stratégie qui fonctionne pour une personne peut donc être loin d'être optimale pour un couple.


7. Oublier la succession

Le REER n'est pas seulement un outil de retraite : il peut aussi avoir des conséquences importantes au décès.


Selon la situation, un REER ou un FERR qui demeure dans le patrimoine au décès peut entraîner une facture fiscale importante.


Si votre objectif est également de transmettre un patrimoine à vos proches, la stratégie de décaissement devrait tenir compte de cet objectif dès le départ.



Ce qu'il ne faut surtout pas oublier avant de décaisser son REER

Avant de décider combien retirer et à quel moment, posez-vous ces questions :


Quel sera mon revenu total cette année?

Ne regardez pas seulement le montant de votre REER.


Additionnez, selon votre situation :


  • salaire ou revenu d'entreprise;

  • pension d'employeur;

  • RRQ;

  • Sécurité de la vieillesse;

  • revenus de placement;

  • FERR;

  • autres revenus imposables.


Cela permet de voir dans quelle situation fiscale vous vous trouvez réellement.


Quels seront mes revenus dans les prochaines années?

Le meilleur moment pour effectuer un retrait n'est pas nécessairement celui où vous avez besoin de l'argent.


Une année où vos revenus sont exceptionnellement faibles pourrait, selon votre situation, être particulièrement intéressante à analyser.


De combien ai-je réellement besoin?

Un retrait n'a pas nécessairement à correspondre exactement à votre besoin de liquidités.


Il faut parfois comparer plusieurs scénarios : retirer maintenant, retirer moins, retirer davantage ou attendre.


Quelles seront mes prestations gouvernementales?

Votre stratégie devrait tenir compte de l'évolution de vos prestations de retraite et des conséquences possibles d'une hausse de revenu.


Ai-je un conjoint?

Les revenus du ménage doivent être analysés ensemble lorsque c'est pertinent.


Quels sont mes objectifs successoraux?

Si vous souhaitez laisser un patrimoine à vos enfants ou à d'autres proches, il faut considérer les conséquences fiscales possibles au décès.


Ai-je fait une projection de retraite?

C'est probablement l'un des éléments les plus importants.



Un simple solde de REER ne vous indique pas comment votre retraite évoluera.


Une projection permet plutôt de visualiser différents scénarios de revenus, de retraits, d'impôts et de patrimoine au fil des années.


La bonne question n'est pas « quand retirer mon REER? »

La meilleure question est plutôt :


« Comment répartir mes revenus de retraite de façon fiscalement efficace? »


Cette nuance est importante.


Votre stratégie de décaissement devrait tenir compte de plusieurs éléments :

  • votre âge;

  • votre revenu actuel;

  • votre revenu prévu à la retraite;

  • votre pension d'employeur, s'il y a lieu;

  • vos prestations du RRQ et de la Sécurité de la vieillesse;

  • la valeur de votre REER et de votre FERR;

  • votre CELI et vos autres placements;

  • vos besoins financiers;

  • votre situation familiale;

  • votre taux d'imposition actuel et futur;

  • et vos objectifs de transmission du patrimoine.

Dans certains couples, le fractionnement admissible de certains revenus de pension peut également faire partie de la réflexion.


Alors, quand commencer à décaisser son REER?

Il n'y a pas une réponse qui convient à tout le monde.


Pour certaines personnes, attendre peut être parfaitement logique.

Pour d'autres, commencer à décaisser progressivement son REER avant 71 ans peut être une stratégie intéressante.


Le moment idéal dépend surtout de l'évolution de votre revenu et de votre situation fiscale au fil des années.


Et c'est justement pourquoi il est préférable de ne pas attendre 71 ans pour commencer à y penser.


En résumé

Décaisser un REER n'est pas simplement une question de retirer de l'argent lorsque vous en avez besoin. C'est une décision de planification financière.


Un décaissement bien planifié peut vous aider à mieux contrôler votre revenu imposable, à coordonner vos différentes sources de revenus et à éviter de vous retrouver avec des retraits obligatoires importants plus tard.


Avant de retirer une somme importante de votre REER, prenez donc le temps de regarder l'ensemble de votre retraite plutôt que votre REER en isolation.

Et surtout, évitez de prendre une décision simplement parce que vous avez atteint un certain âge.


Votre retraite ne se planifie pas avec une seule date. Elle se planifie année après année.


Vous approchez de la retraite?

Vous vous demandez s'il serait préférable de commencer à décaisser votre REER maintenant ou d'attendre?


Une analyse de votre situation peut vous permettre de comparer différents scénarios et de voir comment vos décisions d'aujourd'hui peuvent influencer votre revenu disponible à la retraite.



Communiquez avec Mélanie Lafontaine pour faire le point sur votre stratégie de retraite.



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